プロテウス(Protée)
Ulysses - 第3章
Ulysses - Chapitre 3
スティーヴンはサンディマウントの海岸を一人で歩き、潮が目の前で引いていった。彼は目を閉じ、現実に対する自分の知覚を試してみた。音と触覚だけで世界を進むことができるだろうか?彼のブーツが貝殻や小石を踏みしめるたびに、暗闇への小さな冒険となった。
Stephen marchait seul le long de la plage de Sandymount, la marée se retirant devant lui. Il ferma les yeux, testant sa perception de la réalité. Pouvait-il naviguer dans le monde par le seul son et le toucher ? Ses bottes crissaient sur les coquillages et les galets, chaque pas une petite aventure dans l'obscurité.
再び目を開けると、広大な砂浜がどこまでも続いていた。海は永遠の秘密を囁き、人間の悩みになど無関心だった。スティーヴンは哲学について、知覚と存在に関するバークリーの理論について考えた。もし誰も世界を観察していなければ、それは存在しなくなるのだろうか?
Ouvrant les yeux à nouveau, il vit la vaste étendue de la plage s'étendant à l'infini. La mer chuchotait ses secrets éternels, indifférente aux soucis humains. Stephen pensait à la philosophie, aux théories de Berkeley sur la perception et l'existence. Si personne n'observait le monde, cesserait-il d'exister ?
死んだ犬が砂の上に横たわり、膨張して腐敗していた。スティーヴンは死と腐敗について考えながら、病的な好奇心でそれを観察した。すべてのものは最終的に土に還る。母の体も、今は冷たい墓の中で、土の一部、終わりのない循環の一部となりつつあった。
Un chien mort gisait sur le sable, ballonné et pourrissant. Stephen l'examina avec une curiosité morbide, pensant à la mort et à la décomposition. Tout retourne à la terre finalement. Le corps de sa mère, maintenant froid dans la tombe, devenait partie du sol, partie du cycle sans fin.
彼は流木を拾い上げ、砂に言葉を書いたが、潮がそれを消し去ることを知っていた。人間の営みはすべて同じように一時的なものだと彼は考えた。芸術、文学、哲学、すべてはいずれ忘れ去られ、時間の容赦ない進行に飲み込まれてしまうのだ。
Il ramassa un morceau de bois flotté et écrivit des mots dans le sable, sachant que la marée les effacerait. Toutes les entreprises humaines étaient de même temporaires, réfléchit-il. Art, littérature, philosophie - tout serait finalement oublié, avalé par l'avancée implacable du temps.
遠くをカップルが通り過ぎ、スティーヴンは自分の孤独を痛切に感じた。彼はいつも一人で、いつも他人から切り離されていた。彼の思考はあまりに複雑で、あまりに暗く、普通の会話には向かなかった。誰が彼の悲しみを、罪悪感を、意味を求める必死の探求を理解できるだろうか?
Un couple passa au loin, et Stephen ressentit vivement son isolement. Il était toujours seul, toujours séparé des autres. Ses pensées étaient trop complexes, trop sombres pour une conversation ordinaire. Qui pouvait comprendre son chagrin, sa culpabilité, sa recherche désespérée de sens ?
波はリズミカルに岸辺を打ち続け、そのたびに砂浜を少しずつ消し去っていった。スティーヴンはその繰り返しに催眠術をかけられたように見入っていた。自然は人間の苦しみなど気にも留めない。海は彼がいなくなった後も、誰もが忘れ去られた後も、ずっと続きていくだろう。
Les vagues continuaient leur assaut rythmique sur le rivage, chacune effaçant un peu plus de la plage. Stephen les regardait, hypnotisé par leur répétition. La nature ne se souciait pas de la souffrance humaine. La mer continuerait longtemps après qu'il soit parti, longtemps après que tout le monde soit oublié.